Histoire

1962-1975 : la période fondatrice

Dans les années 1960, dans le Pas-de-Calais, un certain nombre de personnes sensibilisées et informées de la création d’une association pour défendre les intérêts des enfants handicapés mentaux, diffuse cette information et suscite l’émergence d’associations locales en réponse à l’exclusion dont sont victimes la plupart des enfants handicapés mentaux.

C’est dans ce contexte que, sur l’Audomarois, des parents se regroupent et sous l’impulsion du Docteur Darras, créent l’association de parents d’enfants inadaptés de l’arrondissement de Saint-Omer dont il deviendra le premier président.

L’association est alors à l’origine du projet de création d’un Institut Médico-Pédagogique (IMP) en 1963 afin que les enfants y reçoivent un enseignement et une éducation adaptés. Cependant, c’est le département qui décide d’en être le promoteur et d’en assurer la gestion.

Assez vite, il s’est révélé nécessaire de réfléchir à la prise en charge des enfants handicapés mentaux âgés de plus de 14 ans et à leur préparation à la vie professionnelle. L’Apei de Saint-Omer crée alors un premier atelier en 1964 sous la forme d’un IMPro et en 1966 d’un centre d’assistance au travail (CAT).

Parallèlement, la vie associative se met en place. L’association s’inscrit dès son origine dans les différentes instances du mouvement parental tant au niveau national via l’Unapei que local avec la participation à l’URAPEI et l’Udapei62. Les premières manifestations voient le jour, notamment la fête annuelle (kermesse).

Cette période s’achève par la création d’un service d’intervention à domicile en 1975. Un don de la communauté d’Emmaüs permet la création de ce service, futur SESSAD, dont la vocation sera d’accompagner les enfants sans solution notamment polyhandicapés.

1976-1980 : la période d’installation et d’épanouissement

En 1976, sous la présidence de Monsieur Quivrin, chef d’entreprise, les structures de travail et le service d’intervention à domicile s’implantent sur le site de Saint-Martin-au-Laërt, rue du Chanoine Deseille.

La loi d’orientation en faveur des personnes handicapées et la loi sociale relative aux institutions sociales et médico-sociales, promulguées en 1975, seront un levier pour le développement des structures existantes et la création d’autres services.

Un foyer d’hébergement est créé en 1978 pour accueillir des travailleurs du CAT dans un souci de proposer aux adultes handicapés un accompagnement global.

Le manque d’expérience de nombreux administrateurs en terme de gestion et la présence d’autres promoteurs sur le secteur incitent à la prudence dans le développement et les choix de l’association. Le siège social est créé en 1976.

Le constat par les professionnels de la difficulté de certains travailleurs du CAT à assurer les tâches demandées et la baisse de fréquentation de l’IMPro conduisent l’Apei à imaginer la transformation de ce dernier en structure occupationnelle pour adultes. Celle-ci voit le jour en 1980.

1980-2000 : la période de développement et d’ancrage

En 1983, l’association change de président. Le Docteur Everaere a alors pour premier objectif de restructurer et de dynamiser la vie associative. En 1987, l’Apei acquiert un immeuble à Arques qui servira de point d’ancrage de la vie associative. Cette période marque la volonté de l’Apei de réaffirmer son appartenance au mouvement des Papillons Blancs.

Cette période voit aussi la concrétisation de projets tels que :

  • La SATT en 1991, section unique dans le département, qui accueille des personnes handicapées mentales en mi-temps de travail et mi-temps occupationnel.
  • Le service d’accompagnement, également créé en 1991,
  • Les extensions successives de la capacité d’accueil du CAT dans les années 1990
  • La conception et la mise en chantier du foyer Julien Leclercq, à la fois foyer de vie et foyer d’accueil médicalisé, qui ouvrira ses portes en 2001.

On constate l’allongement des listes d’attente, ce qui explique le développement des activités associatives encadrées par des bénévoles.

De 2000 à 2010 : la période de modernisation

Les lois 2002-2 du 2 janvier 2002 et 2005-102 du 11 février 2005 ont conduit l’Apei à se mettre en conformité avec les nouvelles exigences principalement en reconnaissant la personne handicapée acteur de sa vie. A partir de 2002, l’association et les établissements ont développé les outils proposés par la loi, puis initié la démarche qualité en 2006.

Parallèlement, l’APEI a engagé une réflexion sur l’opportunité de création d’établissements pour répondre à la fois au manque de places en foyer de vie et en accueil de jour et de solutions pour personnes handicapées vieillissantes.

De 2011 à nos jours : la période de coopération et d’innovation

Alors qu’elle vient de fêter son cinquantième anniversaire, l’association modifie sa dénomination en 2012, en même temps que la refonte des statuts et le changement de Présidence, pour devenir : l’Apei les Papillons Blancs de l’arrondissement de Saint-Omer : Association de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis.

Les politiques publiques amènent l’association à évoluer vers de nouveaux modes de gestion et de partenariat.

En 2011, l’Apei négocie son premier CPOM (Contrat Pluri-annuel d’Objectifs et de Moyens), outil de gestion et de dialogue avec les autorités administratives, Conseil Départemental et Agence régionale de Santé, et les établissements et services se structurent en Pôle.

Les conventions partenariales se multiplient. L’Apei participe à la création et met en place plusieurs Groupements de Coopération Médico-Sociale : A.I.D.E.R en 2008, Déqualco en 2009, la Plateforme ELSAA en 2014, Emautis en 2015.

La mobilisation conjointe des administrateurs et des professionnels permet à l’association d’être représentée et de s’engager dans des actions innovantes. L’action associative, déjà importante s’accroit encore ; la Maison de Jean-François qui accueille les personnes en attente de place, se structure et développe ses activités. Le café-rencontre rassemble les aidants chaque troisième jeudi du mois.

En 2016, un nouveau changement de présidence s’opère et en décembre l’Apei reprend en gestion l’Entreprise Adaptée « l’Atelier du Lobel ».